AUTOPORTRAIT

D'UNE DANSEUSE

FLORENCE DIDIER-LAMBERT

Toutes les nuits une danseuse dans mon labyrinthe onirique rencontre des problèmes de grand écart. Pas une nuit où ne surgissent les châteaux, les conservatoires, les studios, les théâtres.

Le plus familial de tous, l’Opéra, long boyau noir, est le lieu préféré de mes fantômes danseurs.

Cela a commencé par deux cours par semaine, au château. Le château était un cube de quatre étages avec deux tours demi-rondes de chaque côté. Il était recouvert de grosses miettes de pierres rouges et jaunes, ni en brique ni en granit, aglomérées comme une moquette rugueuse. Il se situait sur les plateaux d’Îlede-France à l’Ouest de Paris. De là il y avait une belle vue sur les courbes de la Seine.

SEMAINE DU

24 NOVEMBRE

2022

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Florence Didier-Lambert vit à Paris. Elle suit une formation de danse classique et contemporaine. Elle travaille à l’Opéra de Paris pendant près de 20 ans. Parallèlement elle écrit et publie des textes dans la revue L’Infini (Gallimard) et Rue Saint Ambroise.

« Il se trouve que j’ai toujours aimé écrire autant que danser. La danse et l’écriture sont pour moi deux formes d’une même expérience : la danse comme le présent d’un corps, le corps comme le présent d’un texte.

Ce que je traque : la danse des mots, le mouvement des pensées, la transformation des désirs, tout un théâtre que je définis comme étant, à proprement parler, un corps. »