Je suis née à Marseille, et j’ai vécu à Aix, Toulouse, Tarbes, Poitiers, La Ciotat, dans le désordre, avant de m’installer dans la région de Nice. Puisque les endroits qui nous ont accueillis vivent toujours un peu sous la plume, je n’oublie pas que j’ai aussi passé du temps en Papouasie Nouvelle- Guinée.

J’écris parce que ça me fait plaisir, sous le nom de Sophie Cypriani le plus souvent et, depuis quelques jours, je colle des extraits de poèmes un peu partout dans les rues de ma ville.

J’essaie d’être attentive à ce qu’il y a autour, aux bribes de conversation, aux situations, aux changements de lumière.  Je les emprunte pour en faire des histoires.

MARIE

Sophie Cypriani

 C’est l’absence de Nils qui me réveille. J’entends ensuite le tintement du four à micro-ondes qui a fini d’égrener les secondes, le léger choc du bol sur le plateau, puis les pas dans l’escalier. Je sens l’odeur du lait chaud et du miel mélangés.

« Comment tu te sens ? »

Je l’embrasse, je le tiens fort serré. Et je le lâche en sentant le plateau vaciller.

« Comment tu te sens ? C’est le grand jour. »

La grande forme. Il fait beau ?

« Oui. Il y a du vent. »

« C’est pas mal le vent, ça dépend du sens. »

Pour courir, le vent, c’est mieux dans le dos. Nous courons notre premier semi aujourd’hui. C’est une idée de lui. De Nils. Je ne me serais jamais engagée dans un projet pareil. Enfin si, engagée peut-être, mais je ne l’aurais pas mené à terme. Je n’abandonne pas vraiment, je change la hiérarchie de mes projets, leur importance, l’ordre de mes priorités. Ce qui me plait, c’est d’envisager, de projeter. Je n’aime pas finir.

SEMAINE

DU 2 AU 8 DECEMBRE

2019

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